Le Contrat Du Missile Air-air MICA NG Signé, Le Standard F3-R Qualifié

Le Contrat Du Missile Air-air MICA NG Signé, Le Standard F3-R Qualifié

Plus de 14 ans après sa mise en service dans la marine, le Rafale devient une arme de guerre de plus en plus redoutable avec la qualification du standard F3-R, une nouvelle version assurant à l’appareil « sa totale interopérabilité », selon Dassault Aviation. Cet avion de combat devrait bénéficier à partir de 2026 du nouveau missile d’interception aérienne, de combat et d’autodéfense de nouvelle génération (MICA NG). La direction générale pour l’armement (DGA) a signé mardi un premier contrat ferme de 200 missiles MICA NG ainsi que de 300 MICA rénovés avec le missilier MBDA. Soit avec un an de retard sur le calendrier initial. « Le MICA-NG est un marché d’acquisition de 567 missiles », a précisé jeudi lors de sa première conférence de presse le délégué général pour l’armement, Joël Barre.

Le marché d’acquisition des MICA NG, développement compris, s’élève à près de 1,2 milliard d’euros. Les premiers missiles MICA NG seront livrés « à partir de 2026 », a confirmé Joël Barre. Les derniers seront remis aux armées en 2031. La commande complémentaire portant sur l’acquisition des 367 MICA NG restants devrait être en principe notifiée en 2021. Le développement de ce nouveau missile contribue d’une façon plus générale à la consolidation de la BITD française, notamment de son industrie missilière.

Un armement crucial pour le Rafale

L’opération MICA NG doit permettre de maintenir la capacité d’interception, de combat rapproché et d’autodéfense des avions de combat de l’armée de l’air et de la marine face aux menaces actuelles et futures. « C’est un acte fort au bénéfice de nos armées », a assuré Joël Barre. Cette opération comprend le développement et la production d’un missile de nouvelle génération destiné à équiper les Rafale à partir du standard F3-R en complément du missile d’interception à domaine élargi MIDE (Meteor) ainsi que la remotorisation d’une partie (300 exemplaires) du parc des MICA actuels pour continuer à équiper les Rafale et les Mirage 2000-D et 2000-5.

Le missile MICA constitue l’armement principal du Rafale dans ses missions de défense aérienne comme pour son autodéfense. Il équipe également le Mirage 2000-5 et confère au porteur une capacité multi-cibles « tire et oublie ». D’une portée très supérieure à 50 km en haute altitude, le missile peut opérer dans une ambiance sévère de contre-mesures. Il est doté d’un autodirecteur électromagnétique actif ou d’un autodirecteur infrarouge, interchangeables. La maîtrise d’œuvre industrielle de ce programme a été confiée à MBDA France tandis que les équipementiers majeurs sont Thales pour l’autodirecteur électromagnétique et la charge militaires, le GIE ADSIM (Safran/MBDA France) pour l’autodirecteur infrarouge, Roxel France pour le propulseur et Safran pour la centrale inertielle.

Un missile ITAR Free

Dans le cadre de la préparation de l’avenir, la France sera « extrêmement attentive à ce que nos équipements de demain n’aient pas ou aient une moindre sensibilité aux composants étrangers, notamment pour ITAR », avait précisé dans une interview à La Tribune la ministre des Armées, Florence Parly. Ainsi les futurs missiles MICA-NG seront développés en prenant en compte ces considérations. Ils seront ITAR Free, assure-t-on à La Tribune.

MBDA a dû mettre la main à la poche pour le lancement du MICA NG. Car le ministère veut que les industriels payent leur quote-part aux programmes d’armement dès lors que celui-ci a été déclaré exportable lors de la définition du programme. « Il n’est pas normal que l’Etat ne bénéficie pas de prix plus avantageux, lorsque les hypothèses d’exportation deviennent réalité, avait expliqué en juillet dernier Florence Parly. Cela doit changer, et nous inaugurerons cette nouvelle approche avec le lancement du programme MICA NG à la fin de ce mois de juillet ». Clairement, le ministère des Armées veut désormais un « retour étatique » dans « une logique de redevance » dans le cadre de son soutien à l’industrie de défense. Les missiles MICA ont été exportés dans 14 pays dans le monde entier.

Le nouveau standard F3-R du Rafale qualifié

Le nouveau standard F3-R du Rafale a été qualifié le 31 octobre par la DGA. A l’instar des standards précédents, le nouveau standard F3-R apporte des évolutions logicielles et matérielles majeures. Deux nouvelles capacités changent profondément la donne dans le domaine de l’aviation de combat. D’une part, l’association du nouveau missile air-air à très longue portée Meteor avec le radar à balayage électronique RBE2 à antenne active « porte plus encore le Rafale à l’avant-garde du combat aérien », selon la direction générale de l’armement. D’autre part, la nacelle de désignation de nouvelle génération TALIOS améliore « considérablement les capacités dans le domaine de la détection, de la reconnaissance et de l’identification de cibles, de jour comme de nuit en vue de frappes air-sol de grande précision ».

« Un autre jalon marquant avait déjà été franchi en octobre avec le lancement des chantiers de mise au standard F3-R de l’ensemble des 144 Rafale actuellement en service. Les dix premiers avions Rafale F3-R, dont quatre seront livrés avant la fin de l’année, seront utilisés par l’armée de l’air et la marine nationale pour parfaire leur appropriation opérationnelle, déjà amorcée aux côtés des équipes d’essais de la DGA », a précisé la DGA.

Dassault Aviation ainsi que l’électronicien Thales, le missilier MBDA et l’équipementier Safran, ont participé aux travaux du standard F3-R. La démarche d’amélioration continue du Rafale se poursuit en renforçant le caractère omnirôle de cet avion de combat. Ce nouveau standard a déjà permis de conforter les atouts du Rafale à l’exportation : les trois premiers contrats internationaux du Rafale ont été conclus sur la base de ce standard F3-R, et plus particulièrement du missile Meteor.

Le Rafale capable de mener toutes les missions de l’aviation de combat

Seul appareil totalement omnirôle au monde, assure Dassault Aviation, le Rafale est opérable depuis une base à terre ou depuis un porte-avions et capable d’emporter 1,5 fois son poids en armements et carburant. Le Rafale a été conçu pour accomplir toutes les missions de l’aviation de combat : interception et combat air-air avec canon de 30 mm, missiles Mica IR/EM et missiles Meteor ; appui au sol avec canon de 30 mm, bombes guidées laser GBU et bombes guidées GPS AASM ; frappes dans la profondeur avec missiles de croisière Scalp-Storm Shadow ; attaque à la mer avec missile Exocet AM39 Block 2 et autres armements air-surface ; reconnaissance tactique et stratégique en temps réel avec nacelle Areos ; ravitaillement en vol d’un Rafale à un autre (buddy-buddy) ; et, enfin, dissuasion nucléaire avec missile ASMP-A.

Le Rafale est entré en service en 2004 dans la Marine nationale et en 2006 dans l’armée de l’Air française pour remplacer peu à peu les sept types d’avions de combat de générations précédentes. Il a fait ses preuves en opérations extérieures sur différents théâtres : Afghanistan, Libye, Mali, Irak et Syrie. Sur les 180 Rafale commandés par la France à ce jour, 151 ont été livrés. La flotte Rafale France totalise actuellement près de 260.000 heures de vol, dont près de 40.000 en opérations.


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