Quand les pilotes boivent…

Quand les pilotes boivent…

Le pilote japonais qui a été arrêté à l’aéroport de Londres Heathrow (LHR) le 28 octobre 2018 pour avoir été près de 10 fois supérieur à la limite d’alcool n’est qu’une cerise sur le gâteau des cas signalés où des pilotes de lignes aériennes japonaises n’avaient pas embarqué sur des vols réguliers en raison de consommation excessive d’alcool. Mais il a fallu ce dernier scandale pour inciter les autorités japonaises à revoir et à resserrer les règles de consommation d’alcool des pilotes de ligne.
Ce qui devait être un vol régulier de Japan Airlines (JAL) de Londres à Tokyo sur un Boeing 777 le 28 octobre 2018, s’est transformé en un scandale embarrassant pour la compagnie aérienne et les autorités japonaises, jetant une ombre sur la réputation des pilotes du pays.
Un copilote de Japan Airlines, Katsutoshi Jitsukawa, devait embarquer sur le vol JL44 à destination de l’aéroport Haneda de Tokyo (HND) lorsqu’il a été arrêté pour avoir échoué à un alcootest – à peine 50 minutes avant l’heure de départ du vol de l’aéroport Heathrow de Londres (LHR) à 19 h (heure locale), écrit la BBC.
Le conducteur d’un bus de l’équipage a senti de l’alcool sur le copilote et l’a signalé au personnel de sécurité de l’aéroport qui a contacté la police locale. La police britannique a arrêté Jitsukawa à l’aéroport après qu’un alcootest a indiqué qu’il avait un excès d’alcool dans son système, a confirmé JAL dans un communiqué de presse.
Selon euronews, Jitsukawa avait déjà passé un test d’haleine avant le vol au bureau de la compagnie à Heathrow.
Le 1er novembre 2018, le copilote a plaidé coupable d’avoir dépassé de près de 10 fois la limite légale d’alcoolémie pour un pilote. Les résultats d’un test sanguin ont montré qu’il avait 189 mg d’alcool pour 100 ml de sang dans son système (la limite légale pour les pilotes au Royaume-Uni est de 20 mg), rapporte la BBC.
L’homme de 42 ans avait bu pendant six heures la nuit avant le vol Londres-Tokyo et avait consommé deux bouteilles de vin et cinq canettes de bière dans un hôtel, a révélé le Japan Times.
Jitsukawa sera détenu jusqu’à sa condamnation au Royaume-Uni le 29 novembre 2018.
Quant au vol JL44, l’avion a été retardé de plus d’une heure à la suite de l’incident. La compagnie aérienne japonaise a été obligée d’exploiter le Boeing 777 avec deux pilotes au lieu des trois habituels lors du voyage Londres-Tokyo.
JAL, le porte-drapeau du Japon, s’est excusé auprès des passagers du vol concerné, déclarant que la compagnie prend au sérieux la violation du copilote « et qu’elle mettra en œuvre des mesures immédiates » pour éviter qu’un tel incident ne se reproduise à l’avenir.
En fait, Jitsukawa n’a pas enfreint les règles internes de JAL concernant la consommation d’alcool dans les 12 heures suivant un vol, mais la quantité d’alcool qu’il avait dans son système dépassait les directives établies par la compagnie aérienne, a souligné le Japan Times dans un autre article.
À la suite de l’incident, la règle de la compagnie aérienne interdisant aux pilotes de consommer de l’alcool 12 heures avant un vol est désormais passée à 24 heures. Les contrôles d’alcool ont également été étendus pour impliquer le personnel de l’aéroport, ainsi que l’équipage de conduite, rapporte euronews.
Penny pour tes pensées?
L’incident de Japan Airlines est en fait intervenu quelques jours après que l’autre principal transporteur du pays ait dû faire face à son propre drame de pilotage.
All Nippon Airways (ANA) a présenté ses excuses le 1er novembre 2018 pour les retards de vol survenus à son unité ANA Wings la semaine précédente: cinq vols intérieurs au départ et à l’arrivée à Okinawa, la préfecture la plus au sud du Japon, ont été retardés jusqu’à 58 minutes.
C’est le temps qu’il fallait pour trouver un remplaçant pour un pilote, qui est devenu malade après une nuit de boisson, écrit Japan Today.
Selon les médias japonais, le pilote avait bu dans la nuit du 24 octobre 2018 dans un restaurant de la ville d’Ishigaki, préfecture d’Okinawa. Il a appelé malade le lendemain matin, incapable de faire son premier vol tôt le matin.
Avec ses actions, le pilote a violé l’interdiction du groupe ANA de boire de l’alcool dans les 12 heures suivant un vol, rapporte le Japan Times.
À la lumière de ces scandales, les autorités japonaises se sont engagées à revoir et à resserrer les règles sur la consommation d’alcool par le personnel de l’aviation, exhortant les compagnies aériennes nationales à veiller à ce que les équipages de conduite respectent les politiques de leur compagnie en matière d’alcool.
Le ministère des Transports a publié un document le 1er novembre 2018, ordonnant à toutes les compagnies aériennes japonaises – y compris JAL et ANA – de signaler d’ici le milieu du mois les mesures prises pour contrôler la consommation d’alcool du personnel navigant.
Selon le ministère, les compagnies aériennes japonaises ont signalé 15 cas de retards de vol résultant de la consommation d’alcool par les pilotes au cours de l’exercice 2017, et six au cours de l’exercice 2018 … jusqu’à présent.
Actuellement, le Japon n’a pas de règlement qui fixe une limite légale de consommation d’alcool pour les équipages de conduite. Les compagnies aériennes à domicile ont leurs propres règles et effectuent volontairement des tests respiratoires.


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